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A l’initiative de Daniel Fasquelle, doyen de la faculté de droit de Boulogne-sur-Mer (université du Littoral), se sont déroulées le 16 juin 2009 les Premières rencontres parlementaires intitulées, « L’Université française : irréformable ou malade de la réforme ? ». Ce député UMP (Pas-de-Calais) avait, avec d’autres, fait des propositions sur le statut des enseignants-chercheurs pour sortir de la crise.

Une autonomie académique revendiquée

Souhaitant une autonomie plus académique ou pédagogique qu'une autonomie de moyens, le député a déclaré vouloir une loi autonomie 2. « J’en prendrai peut-être l’initiative. L’université n’est pas irréformable, mais il est nécessaire de réunir certaines conditions : engager un dialogue pour un projet partagé, ne pas se tromper de modèle (en plaquant le modèle étranger, le modèle de l’entreprise ou celui des grandes écoles), laisser l’autonomie pédagogique et académique aux enseignants-chercheurs, avoir le courage d’aborder les relations avec les grandes écoles, former de plus grandes universités, développer les relations avec les lycées et aborder la question de la sélection à l’entrée de la licence et du master ».

Pour Daniel Fasquelle, ses Rencontres pourraient préfigurer un « grand débat sur l’enseignement supérieur et la recherche » à l’automne 2009, à l’image du Grenelle de l’environnement.
Financement et sélection à revoir

Parmi les conditions pour réformer la LRU, Jean-Leonce Dupont (sénateur de l’Union centriste, vice-président du Sénat) a évoqué deux tabous à dépasser : celui du financement des universités et celui de la sélection à l’entrée de la licence et du master. Pour lui, « on n’assiste pas à une privatisation de l’université alors que 95% des financements sont ceux de l’Etat. Mais si on veut que le système réussisse, il faut réussir le processus d’orientation [en licence] ».

Codifier l'indépendance des universitaires

Guillaume Drago, professeur de droit à Paris 2, en a appelé aux parlementaires pour qu’une LRU 2 et une loi statutaire pour les universitaires stabilisent des garanties, à l’image de celles définissant l’indépendance des magistrats. Pour lui, la réforme de la LRU passe d’abord par une distinction entre le pouvoir de gestion et le pouvoir académique, qu’il souhaite organiser par discipline.

Une distinction que les universités américaines opèrent entre un CA avec des membres non élus s’occupant de la gestion de l’établissement alors que les universitaires gèrent eux-mêmes les affaires académiques et scientifiques, comme l’a rappelé Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS qui a enseigné à Yale et qui a comparé les systèmes américains et français (voir sa tribune dans La Tribune du 31 décembre 2008). « Les libertés universitaires doivent être réelles, organisées dans un organe propre même s’il est limité par l’organe de gestion », a-t-il détaillé.

Restaurer la collégialité des décisions dans l'université

Sur le rôle trop important confié au président de l’université et au CA, il a également souhaité restaurer la collégialité des décisions (avec un rééquilibrage au profit du conseil scientifique, des règles de bonne conduite dans les comités de sélection…).

Vincent Berger, le nouveau président de Paris 7 a lui prôné un « contrat de gouvernance » équilibré basé sur la collégialité et un respect de la subsidiarité avec les composantes. Faisant référence à Claude Allègre, il a ainsi illustré son propos : « Si un président d’université prône une idée particulière sur le réchauffement climatique et distribue des primes, recrute des personnels en ce sens, il aura au final une grande influence sur la démocratie… ».

Plusieurs intervenants ont souhaité revoir le nombre de membres élus au CA et le mode de scrutin du président de l’université, qui conduit souvent à un arbitrage par les Biatoss et les étudiants et empêche une bonne représentativité de tous dans les universités pluridisciplinaires.
Les grandes écoles sont-elles réformables ?

Au-delà des réformes de gouvernance, les bases mêmes de l’enseignement supérieur français ont été remises en cause et certains en font un préalable pour reconstruire l’université. « Tant qu’on n’aura pas posé de manière frontale la question de notre système dualiste [entre universités et grandes écoles], on assistera au déclin de l’université française », a certifié Michel Fichant, professeur d’histoire de la philosophie moderne à Paris 4.

Un credo repris par Olivier Beaud pour qui « le grand défi n’est pas de moderniser l’université mais de moderniser l’enseignement supérieur. Les grandes écoles ont eu un rôle historique pour former les cadres de la nation, mais elles sont dans une position inconfortable actuellement », en raison de l’absence de recherche dans leur « système conformiste ». De quoi nourrir d'autres rencontres, voire des Etats généraux.

SOURCE EDUCPROS

18/06/2009 - / -

- Guadeloupe